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Tout d’abord un lien vers le texte complet: http://olivier.hammam.free.fr/imports/auteurs/illich/energie.htm
La principal thèse de cet essai est qu’au-delà d’un certain niveau de consommation par tête, les systèmes politiques et culturels s’effondrent sous la contrainte de l’infrastructure technique nécessaire pour la réalisation de cette demande énergétique.
Dès 1974, il déclare que ce niveau est dépassé pour la France, les Etats-Unis, le Mexique.
Il critique notamment le transport moderne, qui canalise l’homme dans des chemins tracés, le privant ainsi d’une partie de sa liberté. Cette liberté peut être conservée par le transit, ou mode de locomotion basée sur l’énergie métabolique de l’homme (marche à pied, vélo). La possibilité de se déplacer à grandes vitesses augmente les inégalités en plus d’avoir un impact écologique important. Elle augmente les inégalités car tous n’ont pas accès aux mêmes moyens de transport (4/5 des voyages en avion par 1,5 % de la population aux Etats-Unis). L’homme éprouve une certaine puissance et un contentement certain à utiliser ces modes de transport à grande vitesse, réservés à une élite.
Il a réalisé un petit calcul sur l’automobile: un Américain moyen dépense 1600 heures pour sa voiture (à être dans la voiture elle-même, ou à travailler pour payer la voiture et les frais qui s’en dégagent), soit environ 5h par jour. La distance annuelle moyenne parcourue par ce même Américain moyen étant de 10000 kilomètres, cela donne une vitesse moyenne de 6 km/h. Quelle différence alors avec les pays non industrialisés dans lesquels les habitants se déplace à cette même vitesse mais avec leurs propres pieds ? Elle tient dans l’utilisation de hautes doses d’énergie pour le transport.
Les moyens de locomotion détruisent de précieuses données culturelles. Les infrastructures telles que les routes limitent notre liberté et ont des conséquences importantes sur la société: les médecins sont rassemblés dans des hôpitaux dans des grosses villes, les lieux accessibles au transport routier voient leurs commerces locaux fermés.
La possibilité de voyager toujours plus vite ne fait qu’exacerber la petitesse de sa propre vitesse: on rêve d’une voiture pour s’affranchir des transports publics plus lents par exemple.
La possibilité économique de voyager plus loin augmente encore les inégalités. Ceux qui ont les moyens de partir de lieux difficiles le font, laissant les plus démunis face aux mêmes problèmes.
D’autre part, de nombreuses dépenses s’accumulent autour de l’utilisation des transports: la hausse de la valeur des terrains bien desservis, les mesures de protection contre le bruit et la pollution. En prenant en compte ces externalités négatives, Illich tire la conclusion que si la voiture dépasse 25 km/h, elle fait perdre du temps. On va alors travailler pour gagner de l’argent pour travailler !
Une autre critique des transports est qu’ils créent un monopole radical. Le transit est remplacé par le transport, un besoin créé par les industries du transport elle-même.
Proposer de fixer une vitesse limite est pour lui très difficile car pour les usagers des transports cette limite serait ridiculement faible alors qu’elle serait encore hors d’atteinte et irréel pour les hommes qui transitent. Il déclare cependant que cette limite se situerait autour de 25 km/h.
Autre proposition est le développement du vélo. Il a une efficacité ramené au poids bien supérieur aux autres moyens de transport. Il est peu envahissant, il est tout terrain (il suffit de le pousser dans certains endroits). Il est aussi abordable pour tous, ne créant ainsi pas d’inégalité.
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