Nicholas Georgescu-Roegen est un économiste roumain. Il est (peu) connu pour son rôle dans la théorie économique de la décroissance. Son grand mérite a été d’introduire la deuxième principe de la thermodynamique (loi de l’entropie) dans l’économie. En effet, bien que de nombreux économistes proposent de brillantes théories, peu proposent des théories radicalement différentes. La tendance actuelle est basée sur ce qu’on pourrait appeler la physique classique newtonienne : peu de flexibilité, pas de prise en compte de l’évolution. Mais c’est surtout une économie anthropocentrique. Ce que propose Nicholas Georgescu-Roegen c’est d’introduire la notion fondamentale d’entropie dans l’économie (notion introduite par Clausius en 1865 !).
Cette notion, loin d’être évidente même pour les physiciens, peut-être appréhendée comme une mesure du désordre. Georgescu-Roegen donne une illustration simple de la loi d’entropie : « La chaleur ne s’écoule d’elle-même que du corps le plus chaud vers le corps le plus froid, jamais en sens inverse ». Nous voyons ainsi apparaître le fait qu’on ne peut tirer de l’énergie que de certains corps, ceux de basse entropie, dont l’utilisation fait augmenter l’entropie jusqu’à ce qu’ils soient inutilisables (le corps chaud est utilisé pour chauffer le corps froid, mais il ne peut pas le faire indéfiniment).
Ceci peut-être transposé à l’économie lorsqu’on transforme des produits de basse entropie en déchets à haute entropie. Mais si on considère la source d’entropie utilisable par l’homme, la biosphère, on voit tout de suite qu’elle est limitée. Le problème de la vision économique classique, comme nous l’avons déjà dit, est qu’elle est basée sur la maximisation de nos profits (l’homme est au centre de la théorie). Elle ne prend pas en compte la place de l’homme dans cette biosphère. Il faudrait donc un changement de paradigme qui ferait se recentrer l’économie sur cette biosphère (que certains appellent Gaïa). Si l’on pose le problème dans ce nouveau contexte, la source d’entropie étant limitée, une croissance soutenable n’a donc aucun sens. S’impose donc très logiquement la décroissance.
Pour finir cette courte introduction, voici une liste d’auteurs pour ceux qui sont intéressés :
Nicholas Georgescu-Roegen bien sûr et notamment son livre La décroissance que l’on peut même trouver en ligne à l’adresse suivante : http://classiques.uqac.ca/contemporains/georgescu_roegen_nicolas/decroissance/decroissance.html
Jacques Grinevald qui a écrit de nombreux livres autour de la révolution carnotienne. C’est l’un des grands traducteurs de l’oeuvre de Nicholas Georgescu-Roegen en France.
James Lovelock qui est un des pères et des grands inquisiteurs de la théorie Gaïa
Fritjof Capra dont je recommande le livre « The Web Of Life » (voir mon avis sur le livre), livre qui introduite notamment la théorie Gaïa
Cette article a été réalisé à partir d’un article de Jacques Grinevald que vous pouvez obtenir à l’adresse suivante : http://www.decroissance.org/?chemin=textes
J’en profite pour donner quelques liens sur la décroissance :
http://www.decroissance.org/?chemin=accueil
http://www.liberationdeladecroissance.fr/
http://classiques.uqac.ca/contemporains/georgescu_roegen_nicolas/decroissance/decroissance.html
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Pour une remise en perspective sur la “décroissance” et ses difficultés, voir aussi http://yannickrumpala.wordpress.com/2008/09/01/questions-sur-la-decroissance/
Commentaire par -- octobre 2, 2008 @ 12:28